le-blog-indispensable.fr
Image default
Vie Pratique

Moisissure noire, verte, blanche : pourquoi la couleur ne dit presque rien

La couleur d’une moisissure ne dit presque rien de sa dangerosité. Une tache noire n’est pas forcément la redoutée « moisissure noire », et une tache verte n’a rien de rassurant par principe.

Cette idée reçue pousse beaucoup de propriétaires à paniquer pour rien, ou à l’inverse à négliger un problème réel. Un laboratoire de microbiologie, lui, ne se fie jamais à la teinte. À Montréal, ce laboratoire montréalais spécialisé dans l’air intérieur le rappelle d’ailleurs sur ses pages : la couleur ne suffit pas à déterminer le genre, qu’il s’agisse de Penicillium, de Chaetomium ou de Stachybotrys. Alors, comment fait-on ?

Première étape : confirmer qu’il s’agit bien d’une moisissure

Ce n’est pas une évidence. De la suie, de la poussière collée par la condensation ou une simple salissure peuvent imiter une colonie. Le prélèvement le plus courant est le ruban adhésif transparent, appliqué sur la tache puis collé sur une lame. Au microscope, l’analyste cherche des spores et des filaments, appelés hyphes. Pas de structures fongiques, pas de moisissure. Un écouvillon frotté sur la surface sert dans les mêmes situations, surtout sur les matériaux rugueux où le ruban colle mal.

Deuxième étape : le genre, au microscope ou en culture

Chaque genre possède une « signature » visible au grossissement : forme des spores, manière dont elles sont portées, ramification des filaments. Un Aspergillus porte ses spores sur une tête renflée. Un Penicillium les aligne en petits pinceaux, d’où son nom.

Quand la lecture directe ne suffit pas, on passe à la culture. L’échantillon est déposé sur une gélose nutritive dans une boîte de Petri. Après plusieurs jours, des colonies apparaissent, avec leur texture, leur vitesse de croissance et leur pigment, qu’on examine ensuite au microscope.

L’espèce, est-ce vraiment utile ?

Pas toujours. Pour un dégât d’eau ordinaire, connaître le genre et la quantité suffit à orienter les travaux. L’identification à l’espèce prend plus de temps, souvent deux semaines, parce qu’il faut laisser les colonies se développer pleinement.

Elle devient pertinente dans certains cas : une personne immunodéprimée dans le logement, un litige pour vice caché, une contamination qui revient malgré les travaux. Distinguer Aspergillus fumigatus d’une espèce voisine change alors la lecture du risque. Pour un dossier juridique, le rapport détaillé d’un laboratoire pèse aussi beaucoup plus lourd qu’une série de photos.

Et les tests vendus en quincaillerie ?

Les trousses où l’on laisse une boîte de Petri ouverte quelques heures dans une pièce ont un défaut majeur : des spores, il y en a partout, dehors comme dedans. La boîte en attrapera toujours. Sans volume d’air mesuré ni échantillon extérieur de comparaison, le résultat ne permet de rien conclure.

Les professionnels comparent justement l’intérieur à l’extérieur, le même jour, avec une pompe calibrée qui aspire un volume d’air connu. Santé Canada n’a d’ailleurs fixé aucun seuil numérique de spores pour les maisons et recommande plutôt de corriger toute croissance de moisissure.

Ce qu’il faut retenir avant d’appeler qui que ce soit

Trouvez d’abord l’eau : fuite, condensation, infiltration. Mesurez l’humidité, idéalement entre 30 et 50 %. Nettoyez les petites taches sur surfaces lisses à l’eau savonneuse. Et si le doute persiste, faites analyser plutôt que deviner à partir d’une couleur. Un rapport clair, avec le genre, la quantité et une comparaison avec l’extérieur, vaut mieux que dix photos envoyées à des amis.

Related Articles

Logement insalubre : comment se défendre ?

Irene

Plus de 60 ans : quels avantages ?

Irene

Comment réagir face au surendettement ?

Irene