Un matin de janvier à Sherbrooke, le thermomètre affiche -22 °C. Dans la chambre, le bas des fenêtres est couvert de givre. Sur le rebord, une flaque s’est formée pendant la nuit, et le joint du coin commence à noircir. Dans le salon, un appareil tourne depuis novembre, réglé à 45% d’humidité relative, parce que quelqu’un dans la famille avait la gorge sèche.
Ce scénario se répète dans beaucoup de maisons québécoises chaque année, et le réglage de 45% en est la cause principale : il est trop élevé pour la saison.
Un taux d’humidité de maison qui doit baisser avec le froid
La plage habituelle recommandée pour l’humidité relative intérieure se situe entre 30% et 50%. L’INSPQ et Santé Canada la citent toutes les deux, pour le confort des occupants et pour limiter la croissance des moisissures. Le guide Novoclimat du gouvernement du Québec situe même la zone de confort optimale entre 40% et 50%.
Pour voir comment ces valeurs changent selon la saison, le site ventiloexpair.com, d’une entreprise de ventilation de Granby, consacre un dossier complet au taux d’humidité idéal dans une maison au Québec. On y trouve le lien entre humidité, échangeur d’air et conduits, un sujet que les fiches gouvernementales abordent séparément. Le taux d’humidité de la maison y est relié à l’entretien des appareils, un angle utile pour comprendre d’où vient un problème qui revient chaque année.
Ces chiffres valent pour l’année entière. En plein hiver, les mêmes documents demandent de descendre. Novoclimat juge une limite de 30% acceptable en hiver, compte tenu du climat québécois. La SCHL, citée par l’INSPQ, recommande de maintenir l’humidité relative à 30% quand il fait moins de -10 °C dehors, et même à 25% par très grand froid.
La raison est physique. L’air chaud contient plus de vapeur d’eau que l’air à basse température. Quand il touche une surface froide, comme une vitre, un cadre de fenêtre ou un coin de murs extérieurs avec une isolation faible, il se refroidit et l’eau se dépose. L’INSPQ précise que de la condensation peut se former même quand l’humidité respecte la plage recommandée. À 45% par -20 °C, la condensation sur les vitres devient fréquente, et l’apparition de moisissures suit souvent sur les cadres.
Condensation sur les fenêtres en hiver : le premier indice
La fenêtre de la chambre au matin donne souvent la meilleure indication. Novoclimat qualifie de normale un peu de buée sur les vitres pendant la saison froide, à essuyer au besoin. De l’eau qui coule sur le cadre chaque jour signale un taux trop élevé pour la température extérieure.
Quand l’air devient trop sec
Un taux trop bas cause aussi de l’inconfort. Sous 20%, l’INSPQ mentionne une sécheresse des yeux, du nez, de la gorge et de la peau chez certaines personnes. Une plage de 30% à 35% en plein hiver limite la buée tout en restant au-dessus du seuil où l’INSPQ signale ces symptômes.
Régler la maison en quatre gestes
- Achetez un hygromètre numérique et placez-le dans une pièce de vie, loin de la cuisine et de la salle de bain.
- Réglez l’humidificateur ou le déshumidistat de l’échangeur selon la température extérieure : environ 30% sous -10 °C, un peu plus pendant les redoux.
- Laissez l’air chaud circuler sur les vitres. Novoclimat conseille d’enlever les moustiquaires intérieures l’hiver et d’ouvrir stores et rideaux le jour.
- Faites fonctionner la hotte pendant la cuisson et le ventilateur de salle de bain pendant la douche, puis quelques minutes après.
Si la condensation persiste malgré un taux autour de 30%, le problème vient souvent d’ailleurs : une fenêtre peu performante, des infiltrations d’eau ou un renouvellement d’air insuffisant. Un expert en enveloppe du bâtiment peut alors mesurer ce qui se passe réellement dans la maison.

